Tout juste rentré du Togo et qualifié pour la Coupe du Monde 2006, Kader Touré revient sur l'événement que cela représente pour son pays.
* Comme a été fêtée la qualification du Togo pour la Coupe du Monde ?
Il y a là-bas une fête nationale qui dure encore. Il y avait énormément de monde à notre descente d'avion et ça a été quelque chose d'exceptionnel. Même si je suis resté sage, j'ai quand même dansé avec le Président de la République et le président de la fédération. En marquant les deux buts qualificatifs pour la Coupe du Monde, je suis un peu devenu malgré moi le héros national.
* Cette qualification semble importante pour le peuple togolais…
Le football est le sport numéro un au Togo. Le pays à connu des difficultés politiques ces derniers temps et était déstabilisé. Le sport nous a tous réunis.
* Imaginais-tu il y a encore quelques mois jouer une Coupe du Monde ?
Je n'arrive pas encore à réaliser que nous nous sommes qualifiés. Je suis un peu dépassé par tous ces événements. Lors de la dernière Coupe du Monde que je regardais à la télé, je me disais que je n'y participerais jamais. Lorsque le coach nous a dit que son objectif était le prochain Mondial, nous le prenions pour un fou !
* Stephen Keshi, l'entraîneur nigérian du Togo, semble avoir beaucoup apporté à ton équipe nationale ?
C'est lui qui a changé les mentalités. Avant, nous avions tendance à nous contenter de peu. Je ne jouais plus en sélection et c'est lui qui m'a fait revenir dans l'équipe. Il m'a dit qu'il avait besoin de moi et qu'il comptait sur moi. A son contact, j'ai progressé sur le plan mental et je donne tout ce que je peux pour l'équipe. D'une façon générale, la force de l'équipe est d'être humble : il n'y a pas de star et nous avons faim de victoires.
* Malgré cette qualification, tu ne sembles pas euphorique…
En montant dans l'avion pour revenir à Sochaux, j'ai quitté mon manteau d'International togolais pour retrouver le club qui me paye. L'équipe n'est pas au mieux et je veux l'aider. C'est une période de difficultés, à l'opposé de ma situation avec le Togo. La qualification m'a beaucoup ressourcé et m'a donné énormément d'envie et de positif que je veux mettre au profit du club.
* Que manque-t-il au FCSM pour faire mieux ?
Nous avons besoin d'être plus solidaires, de jouer encore plus en équipe, mais aussi pour l'équipe.
* Tu as joué neuf des dix matches du FCSM cette saison, mais pas toujours en qualité de titulaire…
Je ne joue parfois que des bouts de match avec l'équipe et, dans cette situation, c'est difficile de trouver des repères. Mais c'est le choix du coach, je suis professionnel et je le respecte. Je bosse encore plus pour gagner ma place. A force de jouer en compétition, tu deviens fort. Lorsque je suis arrivé au Servette de Genève, je n'étais pas titulaire. Je le suis devenu à force de travail : j'ai bossé pour y arriver et le coach m'a fait confiance. Lorsque j'ai marqué dix-neuf buts en championnat, j'avais commencé par ne pas marquer pendant sept matches. J'ai confiance en mes moyens !

